Justin Trudeau affirme qu'il ne voulait pas d'UNIS

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La comparution était historique et attendue, mais elle n’aura pas permis d’obtenir de révélations accablantes ou d’admissions inculpantes. Justin Trudeau s’est présenté devant ses pairs députés en comité parlementaire pour soutenir qu’il avait tout fait pour que le groupe UNIS ne soit pas choisi pour administrer le programme de bourses pour le bénévolat. Il savait que les perceptions seraient négatives et ne s’est rendu à cette décision que lorsque la fonction publique l’a assuré que c’était la seule possible.

« Ni moi ni mon personnel n’avons tenté de dicter ou d’influencer la recommandation émise par la fonction publique concernant l’organisme UNIS », a déclaré M. Trudeau.

About Justin
Justin may refer to:

Justin (name), including a list of persons with the given name Justin
Justin (historian), a Latin historian who lived under the Roman Empire
Justin I (c. 450–527), or Flavius Iustinius Augustus, Eastern Roman Emperor who ruled from 518 to 527
Justin II (c. 520–578), or Flavius Iustinius Iunior Augustus, Eastern Roman emperor who ruled from 565 to 578
Justin (general under Justinian I) (fl. 538–552), a Byzantine general
Justin (Moesia), a Byzantine general killed in battle in 528
Justin (consul 540) (c. 525–566), a Byzantine general
Justin Martyr (103–165), a Christian martyr
Justin (gnostic), 2nd-century Gnostic Christian; sometimes confused with Justin Martyr
Justin the Confessor (d 269)
Justin of Chieti, venerated as an early bishop of Chieti, Italy
Justin of Siponto (c. 4th century), venerated as Christian martyrs by the Catholic Church
Justin de Jacobis (1800–1860), an Italian Lazarist missionary who became Vicar Apostolic of Abyssinia and titular Bishop of Nilopolis
Justin (robot), a humanoid robot developed by the German Aerospace Center (DLR)
Justin.tv, a network of diverse channels providing a platform for lifecasting and live video streaming of events online
Justin, Texas, a city in the United States
Justin (2005 album), by Justin Lo
Justin (2008 album), by Justin Lo
“Justin”, a song by Korn from the 1998 album Follow the Leader
Justin, the main character of Grandia, a 1997 role-playing game
Justin (singer, born 2002), Chinese male singer, member of NEXT

Justin Trudeau affirme qu'il ne voulait pas d'UNIS

About Trudeau
Trudeau is a surname. Notable people with the surname include:

Trudeau family, a notable Canadian family known in politics, business and film, including:
Charles-Émile Trudeau (1887–1935), Canadian businessman and father of Pierre Trudeau
Pierre Trudeau (1919–2000), 15th Prime Minister of Canada
Margaret Trudeau (b. 1948), divorced wife of Pierre Trudeau
Justin Trudeau (b. 1971), 23rd and current Prime Minister of Canada, son of Pierre
Sophie Grégoire Trudeau (b. 1975), wife of Justin Trudeau
Alexandre Trudeau (b. 1973), Canadian film-maker, son of Pierre and Margaret
Michel Trudeau (1975–1998), son of Pierre and Margaret who died in an avalanche
Arthur Trudeau (1902–1991), Lieutenant General in the United States Army
Catherine Trudeau (b. 1975), Quebec actress
Charles Trudeau (politician) (1743–1816), 5th mayor of New Orleans, Louisiana, U.S.
Colette Trudeau (b. 1985), Canadian born Métis singer/songwriter
Dennis Trudeau, CBC Television journalist
Edward Livingston Trudeau (1848–1915), American physician
Garry Trudeau (b. 1948), American cartoonist of Doonesbury
Jack Trudeau (b. 1962), is a former professional American football player
John Trudeau (1927–2008), American musician
Kevin Trudeau (b. 1963), American author, convicted felon and infomercial salesman
Sophie Trudeau (musician), Canadian post-rock musician
Stephanie Trudeau (b. 1986), Miss USA beauty queen from St. Ignatius, Montana
Yves Trudeau (artist) (b. 1930), Quebec sculptor
Yves Trudeau (biker) (1946–2008), Quebec biker
Zénon Trudeau, Commandant Governor of Illinois between 1793 and 1799

Le premier ministre a indiqué qu’il avait appris seulement le 8 mai qu’UNIS avait été privilégié par la fonction publique pour gérer le programme envisagé par Ottawa, soit le jour même où cette recommandation devait être présentée au cabinet pour approbation. Son premier réflexe a été de reporter la décision à plus tard parce que, sachant que sa famille avait des liens avec l’organisme de charité, il craignait que cela ne pose problème. Sa cheffe de cabinet, Katie Telford, était du même avis.

« Nous savions tous deux qu’UNIS était connu pour ses connexions avec des gens dans notre gouvernement, incluant moi-même puisque j’avais pris la parole lors de leurs événements. Alors nous savions que le choix d’UNIS serait scruté avec attention. […] C’est pourquoi j’ai décidé de retirer le programme de Bourses canadiennes pour le bénévolat étudiant de l’ordre du jour de la rencontre du cabinet du 8 mai pour qu’on puisse travailler la proposition davantage. »

Justin Trudeau affirme qu'il ne voulait pas d'UNIS

Justin Trudeau avait annoncé le 22 avril précédent que des bourses allant jusqu’à 5000 $ seraient offertes aux étudiants s’ils donnaient de leur temps pour combattre la COVID-19 cet été. Les détails du programme n’étaient alors pas arrêtés, mais M. Trudeau a indiqué en comité jeudi qu’il s’attendait alors à ce que Service Jeunesse Canada, qui propose justement des projets de bénévolat aux jeunes, soit investi de cette nouvelle mission. D’où sa surprise — et sa déception — le 8 mai et sa demande que la fonction publique lui fournisse plus de détails.

« Je voulais m’assurer que la fonction publique pouvait entièrement appuyer sa recommandation, sans l’ombre d’un doute, qu’UNIS était le bon — et le seul — partenaire pour livrer ce programme. » M. Trudeau a soutenu que la fonction publique lui a donné cette assurance le 21 mai. « On nous a dit que Service Jeunesse Canada ne serait pas capable d’augmenter ses capacités. […] Le choix n’était pas entre deux fournisseurs. Il était entre aller de l’avant avec UNIS pour offrir le programme ou ne pas avoir de programme du tout. Compte tenu de cet avis de la fonction publique, j’étais confortable à ce que la proposition soit présentée au Cabinet. »

Les hauts fonctionnaires ayant comparu au cours des dernières semaines ont confirmé cette version des faits, à savoir que ce sont eux, et non des ministres, qui ont suggéré le recours à UNIS.

M. Trudeau n’a pas profité de sa comparution pour réitérer ses excuses. Mais il a répété qu’avec le recul, il regrette de ne pas s’être récusé des discussions impliquant UNIS « pour éviter toute apparence de favoritisme ». Il a expliqué qu’il ne l’avait pas fait en partie parce que les questions touchant la jeunesse avaient été au cœur de sa carrière professionnelle. Mais il a soutenu qu’à son avis, il « n’étai[t] pas en situation de conflit d’intérêts ». « C’était une question de perception parce que je savais très bien que le programme de Bourses canadiennes pour le bénévolat étudiant n’allait pas profiter, directement ou indirectement, à ma mère ou à mon frère. »

Justin Trudeau a précisé qu’il n’est pas un ami des frères Kielburger, les fondateurs d’UNIS. Il a aussi indiqué n’avoir jamais été rémunéré par le groupe.

C’est le 25 juin qu’Ottawa a annoncé qu’UNIS prendrait en charge le programme de bourses. L’affaire a fait scandale parce que les familles de M. Trudeau et de son ministre des Finances, Bill Morneau, en sont proches. La mère et le frère de M. Trudeau ont donné, depuis que ce dernier est premier ministre, des discours à des événements d’UNIS et ont reçu une rémunération totalisant 352 000 $.

M. Trudeau a témoigné qu’il ne connaissait pas l’ampleur de ces rémunérations avant qu’elles ne soient rendues publiques au cours des dernières semaines. Toutefois, il a révélé que la participation de son épouse Sophie Grégoire aux événements d’UNIS et le remboursement de ses dépenses de déplacement avaient été préalablement autorisés par le Commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique.

La famille de M. Morneau est aussi proche d’UNIS. Elle a séjourné gratuitement à deux reprises dans ses installations au Kenya et en Équateur, en 2017. Le ministre a indiqué la semaine dernière qu’il ignorait ne pas avoir été facturé par UNIS et a remboursé la somme de 41 366 $.

Une opposition dubitative

Les députés de l’opposition se sont montrés peu convaincus par les explications de Justin Trudeau. Pour eux, la cause était déjà entendue.

« Vous avez été déclaré coupable à deux reprises, auparavant, d’avoir enfreint la Loi sur l’éthique, a rappelé le conservateur Pierre Poilievre. Prises un et deux. Et vous admettez maintenant une troisième prise, en ayant omis de vous retirer [des discussions]. Ce faisant, vous avez enfreint la Loi sur l’éthique une troisième fois. Que se passe-t-il au baseball quand vous avez trois prises ? » Les conservateurs demandent la démission de M. Trudeau, tout comme le Bloc québécois d’ailleurs.

Le discours était le même du côté bloquiste. « Vous saviez que vous étiez en conflit d’intérêts. Malgré que vous le [sachiez], vous n’avez jamais demandé à vous retirer de la table de décision », a déploré le député Rhéal Fortin. « Les Québécois se sentent trahis. »

Le néodémocrate Charlie Angus a pour sa part dénoncé le fait que M. Trudeau utilise la fonction publique comme un « bouc émissaire ». « Je m’interroge sur votre jugement. »

M. Trudeau s’est soumis pendant 90 minutes aux questions des députés. Au Canada, il est extrêmement rare qu’un premier ministre comparaisse en comité parlementaire, encore plus lorsqu’il s’agit de se défendre d’attaques le visant personnellement. Le dernier cas semblable remonte à 1932.

La cheffe de cabinet de M. Trudeau, Katie Telford, s’est prêtée au jeu, elle, pendant deux heures. Elle a sans surprise corroboré tous les propos de son patron. « Avec le recul, a-t-elle dit, je reconnais que, bien que nous ayons posé plusieurs questions pour nous assurer que ce programme soit un succès, nous aurions pu en faire plus. Nous aurions dû ajouter un niveau supplémentaire de surveillance afin d’éviter toute possibilité d’apparence de favoritisme. »

L’entente de contribution avec UNIS a été résiliée le 3 juillet en raison du tollé suscité. Le programme est depuis en suspens et n’ira probablement pas de l’avant. Son coût initial était de 912 millions de dollars, mais l’entente rendue publique par la suite parlait plutôt de 500 millions de dollars. UNIS dit avoir déjà encouru des frais de 5 millions de dollars, mais a choisi de rembourser tout l’argent d’Ottawa.

L’affaire ébranle la popularité des troupes libérales. Un sondage de la firme Abacus Data rendu public jeudi indique que le PLC ne récolte plus que 34 % des intentions de vote contre 30 % pour le Parti conservateur. Selon la maison de sondages, les conservateurs n’ont pas tiré profit de cette crise, leur popularité étant demeurée stable. C’est surtout M. Trudeau qui en fait les frais : depuis mars, les électeurs ayant une opinion positive de lui étaient une fois et demie plus nombreux que ceux ayant une opinion négative. Les contents et les mécontents sont désormais en nombre à peu près égal. Le sondage note toutefois que seulement 48 % des personnes interrogées ont dit avoir suivi de près l’affaire UNIS. Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 1500 personnes.

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