Un couvre-visage chez soi aussi?

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Au Québec, le port du masque ou du couvre-visage est obligatoire dans les lieux publics fermés ou partiellement couverts. Seule exception : les immeubles d’habitation. Un non-sens aux yeux de locataires et de copropriétaires, qui craignent de contracter la COVID-19 dans les aires communes de ces édifices.

Robert Bernier habite dans un immeuble qui compte plus d’une centaine de logements dans le quartier Milton Parc, sur le Plateau-Mont-Royal à Montréal. Le retraité de sixty three ans souffre d’une forme de leucémie chronique. « Ça va quand même bien, mais le traitement affecte mon système immunitaire », dit-il. Il redoute d’être infecté par la COVID-19.

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« On croise tout le temps des gens dans la salle de lavage, dans l’entrée ou dans l’ascenseur de l’immeuble, dit Robert Bernier. Moins de la moitié des locataires portent le masque dans les aires communes. »

Il juge illogique d’exiger le port du couvre-visage dans les commerces, comme les buanderies, mais pas dans les espaces communs des immeubles d’habitation. « Le gouvernement Legault devrait légiférer là-dessus », croit-il.

Un couvre-visage chez soi aussi?

John Gilmore milite aussi en ce sens. Il habite dans la même tour, où vivent de nombreux étudiants universitaires. Or, dit-il, « le nombre de cas augmente au Québec, surtout chez les jeunes adultes », rappelle le Montréalais de sixty eight ans.

« Pourquoi le gouvernement de Québec a-t-il abandonné les locataires, en exemptant les immeubles d’habitation du port du masque obligatoire ? », dénonce-t-il.

John Gilmore fait valoir que les syndicats de copropriété peuvent se doter d’une réglementation pour exiger le couvre-visage dans les espaces communs. « Mais les locataires, on n’a pas de pouvoir, dit-il. On ne peut rien faire. »

Il considère que c’est à Québec ou à la Ville de Montréal d’agir dans ce dossier, et non au propriétaire de son immeuble, qu’il ne veut pas blâmer.

Pourquoi le gouvernement de Québec a-t-il abandonné les locataires, en exemptant les immeubles d’habitation du port du masque obligatoire?

— Robert Bernier

 

Le maire de Toronto, John Tory, s’est dit prêt la semaine dernière à ordonner le port du masque dans les aires communes des immeubles résidentiels, si les gestionnaires ne le font pas eux-mêmes. En vertu de la réglementation torontoise, les résidents de ces édifices ne sont pas tenus de revêtir le couvre-visage dans les espaces qu’ils partagent.

Interrogée à ce sujet, la Ville de Montréal a renvoyé la balle au gouvernement Legault, qui a undertakeé un décret sur le port du masque obligatoire avant l’entrée en vigueur du règlement municipal à ce sujet.

Le ministère de la Santé et des products and services sociaux (MSSS) répond, dans un courriel, qu’il n’envisage pas « pour l’fast » d’imposer le masque dans les immeubles d’habitation, qui « sont considérés comme étant des lieux privés ».

Les autorités de Santé publique recommandent toutefois « fortement » le port du masque ou du couvre-visage, lorsque la distanciation physique de deux mètres est not possible à l’intérieur d’un immeuble résidentiel.

La Société d’habitation du Québec dit inciter ses locataires à respecter ces consignes dans les « corridors, ascenseurs, espaces communs, buanderies et salles communautaires ».

Règles internes

Selon le Regroupement des gestionnaires et copropriétaires du Québec (RGCQ), certains syndicats de copropriété ont établi des règles de régie interne afin que le masque soit porté dans les aires communes. « La problématique, c’est la mise en œuvre de la mesure, learn about Me Yves Jolicœur, secrétaire du RGCQ. Ils ne sont pas équipés pour jouer à la police. »

Bien des syndicats de copropriété choisissent, pour cette raison, de sensibiliser les copropriétaires à l’importance du masque plutôt que de le leur imposer, selon Élise Beauchesne, présidente et directrice générale de l’affiliation québécoise des gestionnaires de copropriétés.

La pandémie génère déjà des frictions entre les résidents, indique-t-elle. Certains copropriétaires ne respectent pas la règle de distanciation sur les terrasses, qui ont été rouvertes en juin. « Ils se rapprochent trop à result in de l’alcool », dit Élise Beauchesne, qui est aussi associée-fondatrice de SolutionCondo.com.

Des syndicats ont sévi en désactivant la % permettant aux résidents fautifs de se rendre sur la terrasse. « Mais tout cela requiert du temps », souligne-t-elle. Des gardiens de sécurité doivent regarder l’enregistrement des caméras pour savoir qui sont ceux qui défient les règles.

Malgré tout, Robert Bernier est persuadé qu’il y a moyen d’imposer le masque dans les immeubles d’habitation. En attendant que cela soit le cas, il ne prend aucun risque. Il porte son masque dès qu’il kind de chez lui. Et il monte les escaliers à pied pour regagner son appartement. Plus question de prendre l’ascenseur.

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